Est-ce possible d’être consacré à Dieu et être heureux ? Témoignage écrit de fr Yohan Savio

photo fr ys

Depuis tout petit, servir la messe était une passion pour moi, et je rêvais du jour où je pourrai moi aussi célébrer la messe, prier pour les gens comme fait le prêtre… À l'adolescence, j’ai vite fait de mettre ce désir, ce rêve au placard parce que je découvrais la vie et je voulais la vivre à fond ; de plus, je voyais que les prêtres que je fréquentais étaient tout le temps très sérieux, toujours à discuter avec les grandes personnes et sur des choses sérieuses. Je ne les voyais pas vraiment heureux d'être là, consacrés à Dieu, rire aux éclats, s'amuser avec les enfants ou les jeunes, bref débordants de vie. Donc, j'ai sérieusement mis mon rêve d'enfant dans une armoire bien scellée et jeté la clé au loin.
C'est à l'université que le Seigneur m'attendait. Un jour, me promenant après un examen, sur le campus, je rencontrai un frère de Saint Jean : il est venu vers moi, sur sa petite mobylette. Il s'est arrêté, a bavardé avec moi comme si on se connaissait depuis. Il m'a présenté aux autres étudiants de l’aumônerie catholique. Il était beau, jeune, consacré, en plus en habit religieux et le comble, il est heureux ! Comment est-ce possible ? J'ai été retourné comme une crêpe ! Mais je ne voulais pas me laisser faire : il faut trouver l'erreur ! De deux choses l'une : soit il lui manque un boulon, soit il a un secret.
Au fur et à mesure que se prolongeait la rencontre, force est de constater qu'il avait toute sa tête. Petit à petit, j'ai donc cherché à savoir quel est donc son secret ! Et c'est là, que j'ai compris que Dieu peut combler toute une vie ; qu'il peut rendre heureux, à lui tout seul, le cœur de l'homme. Et qu'il me pose la question : « Veux-tu faire partie de cette aventure, toi aussi ? ».
Pour ma prise d'habit, j'avais proposé trois noms à mon Père Maître. Quelle ne fut pas ma surprise quand il me donna le nom de « Yohan Savio », nom que je n'avais même pas proposé. Yohan comme Jean, « celui que Jésus aimait », celui qui laissa tout tomber pour le suivre, et Dominique Savio, le petit saint turinois qui brilla par sa joie simple au collège de Don Bosco. Le Seigneur me confirma ainsi que je ne me suis pas trompé : il peut combler le cœur de tout homme et nous invite à partager ce bonheur, cette joie autour de nous ! Béni soit son Nom !

Fr Yohan Savio

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