Message du pape François pour les jeunes

cq5dam.web.800.800« Ne lâchez jamais la main de Jésus-Christ, ne vous écartez jamais de lui ; et si vous dérapez, relevez-vous et continuez d’aller de l’avant, il comprend ces choses. Car, grâce à Jésus-Christ, il est possible de vivre à fond, grâce à lui il est possible de croire que la vie vaut la peine, qu’il vaut la peine de donner le meilleur de soi-même, d’être ferment, d’être sel et lumière au milieu des amis, dans le quartier, dans la communauté, au sein de la famille. »

Voici quelques extraits du discours de pape François pendant sa rencontre aves les jeunes au Mexique le mardi 16 février.mexique

« L’espérance naît lorsque l’on peut expérimenter que tout n’est pas perdu ; et pour cela, il faut faire l’effort de commencer « par chez-soi », de commencer par soi-même. Tout n’est pas perdu. Je ne suis pas perdu, moi, j’ai de la valeur, moi, j’ai beaucoup de valeur. À présent, je vous demande de faire silence ; chacun répond dans son cœur : Est-ce vrai que tout n’est pas perdu ? Suis-je perdu ou perdue ? Moi, ai-je de la valeur ? Moi, ai-je peu de valeur ? Ai-je beaucoup de valeur ? La principale menace contre l’espérance, ce sont les discours qui te dévalorisent ; c’est comme s’ils suçaient ta valeur et que tu finissais par t’écrouler, n’est-ce pas ? »Mexique1

« La principale menace contre l’espérance, c’est quand tu sens que tu ne comptes pour personne ou que tu es mis de côté. C’est le grand obstacle contre l’espérance : lorsque dans une famille ou dans une société ou dans une école ou dans un groupe, on te fait sentir que tu ne comptes pas. Et ça, c’est dur, c’est douloureux, mais ça arrive, ou bien cela n’arrive-t-il pas ? Oui ou non ? [Ils répondent : ‘‘Oui’’]. Oui, ça arrive. Cela tue, cela nous anéantit, et cela constitue la porte d’entrée pour tant de souffrance. Mais il y a aussi une autre principale menace contre l’espérance – contre l’espérance que cette richesse, que vous êtes, croisse et donne du fruit -, et c’est de te faire croire que tu commences à avoir de la valeur quand tu revêts des habits, des objets de marque, dernier cri, ou bien quand tu deviens célèbre, important parce que tu as de l’argent ; mais au fond, ton cœur ne croit pas que tu es digne d’affection, digne d’amour, et ça, ton cœur le perçoit. L’espérance est muselée par ce qu’on te fait croire, on ne la laisse pas surgir. La principale menace, c’est quand quelqu’un sent qu’il doit avoir de l’argent pour tout acheter, même l’affection des autres. La principale menace, c’est de croire qu’avoir une grosse voiture te rend heureux. Est-ce vrai ça, que parce que vous avez une grosse voiture, vous êtes heureux ? [Ils répondent : ‘‘Non’’]. »

« Vous êtes la richesse de l’Église ... Pour que cette richesse, poussée par l’espérance, prospère, il faut marcher ensemble, il faut se rencontrer, il faut rêver. Ne perdez pas la joie de rêver ! Osez rêver ! Rêver, ce qui n’est pas la même chose qu’être des dormeurs, ça, non hein ! »

« Et le seul qui peut me faire tenir bien ferme est Jésus Christ ; il transforme cette richesse en espérance. »Mexique5

« Richesse, dignité, espérance »

« Vous m’avez demandé une parole d’espérance ; celle que j’ai à vous dire, celle qui est à la base de tout, s’appelle Jésus-Christ. Quand tout paraîtra difficile, quand il semblera que le monde s’effondre sur vous, embrassez sa croix, embrassez-le et, s’il vous plaît, ne lâchez jamais sa main, même s’il vous faisait avancer en vous traînant ; et s’il vous arrive de tomber, laissez-le vous relever. Les alpinistes ont une très belle chanson, que j’aime répéter aux jeunes – pendant qu’ils montent, ils chantent - : ‘‘Dans l’art de grimper, le triomphe n’est pas de ne pas tomber, mais de ne pas demeurer à terre’’. Voilà l’art, et, qui est l’unique qui peut te relever de la main pour que tu ne demeures pas à terre ? Jésus-Christ seul. Jésus-Christ qui, parfois, envoie un frère te parler et t’aider. Ne cache pas ta main, lorsque tu tombes, ne lui dis pas : ‘‘Ne me regarde pas, car je suis couvert ou couverte de boue. Ne me regarde, car il n’y a plus de remède’’. Laisse-le seulement te saisir par la main et accroche-toi à cette main, et la richesse qui est en toi, sale, recouverte de boue, jugée perdue, commencera, grâce à l’espérance, à donner du fruit. Mais toujours accroché à la main de Jésus-Christ. Voilà le chemin, ne l’oubliez pas : ‘‘Dans l’art de grimper, le triomphe n’est pas de ne pas tomber, mais de ne pas demeurer à terre’’ ! Ne vous permettez pas de demeurer à terre. Jamais ! D’accord ? Et si vous voyez un ami - ou une amie - qui a glissé dans la vie et est tombé, allez et tendez-lui la main, mais faites-le dans la dignité. Sois à ses côtés, écoute-le, ne lui dis pas : ‘‘Je t’apporte la recette’’. Non, en tant qu’ami, calmement, réconforte-le par tes paroles, réconforte-le par l’écoute, par cette médecine qu’on est en train d’oublier : ‘‘la thérapie de l’écoute’’. Laisse-le parler, laisse-le s’ouvrir à toi, et alors, peu à peu, il va te tendre la main, et tu vas l’aider au nom de Jésus-Christ. Mais si tu te précipites et tu commences à prêcher, et à le blâmer, à le blâmer, évidemment, le pauvre, tu vas le laisser pire qu’avant. Est-ce clair ? [Ils répondent : ‘‘Oui’’]. Ne lâchez jamais la main de Jésus-Christ, ne vous écartez jamais de lui ; et si vous dérapez, relevez-vous et continuez d’aller de l’avant, il comprend ces choses. Car, grâce à Jésus-Christ, il est possible de vivre à fond, grâce à lui il est possible de croire que la vie vaut la peine, qu’il vaut la peine de donner le meilleur de soi-même, d’être ferment, d’être sel et lumière au milieu des amis, dans le quartier, dans la communauté, au sein de la famille. Au sein de la famille ! C’est pourquoi, chers amis, je vous demande de ne pas permettre qu’on vous arrache de la main de Jésus, de ne pas vous laisser dévaloriser, de ne pas vous laisser traiter comme de la marchandise. Jésus nous a donné un conseil pour cela, pour ne pas nous laisser exclure, pour ne pas nous laisser dévaloriser, pour ne pas nous laisser traiter comme marchandise : ‘‘Soyez rusés comme le serpent et humbles comme la colombe’’. Les deux vertus ensemble. La vivacité ne manque pas aux jeunes, parfois, il leur manque la ruse pour ne pas être naïfs. Les deux choses : rusés mais humbles, bons. Certes, à cette allure, vous n’aurez peut-être pas la dernière voiture à la porte, que vous n’ayez pas les poches pleines d’argent ; mais vous aurez une chose que personne ne pourra jamais vous arracher : l’expérience de vous sentir aimés, embrassés, accompagnés. C’est la joie de savourer la rencontre, la joie de rêver de la rencontre de tous. C’est l’expérience de se sentir une famille, de se sentir une communauté. Et c’est l’expérience de pouvoir regarder le monde face à face, la tête haute, sans la voiture, sans l’argent, mais la tête haute : la dignité. Trois mots que nous allons répéter : richesse, parce qu’on vous l’a donnée ; espérance, parce que nous voulons nous ouvrir à l’espérance ; dignité. Nous répétons : richesse, espérance et dignité. La richesse que Dieu vous a donnée. Vous êtes la richesse du Mexique. L’espérance que Jésus-Christ vous donne et la dignité que vous donne le fait de ne pas vous laisser ‘‘caresser dans le sens du poil’’ et de ne pas être une marchandise pour les poches des autres. »Mexique4

« En famille, vous allez trouver l’espérance, car Jésus y est ; et en famille, vous aurez la dignité. »

« Aujourd’hui le Seigneur continue à vous appeler, il continue à vous convoquer, comme il le fit avec l’indien Juan Diego. Il vous invite à construire un sanctuaire. Un sanctuaire qui n’est pas un lieu matériel, mais une communauté, un sanctuaire appelé paroisse, un sanctuaire appelé Nation. La communauté, la famille, le fait de se sentir citoyen est l’un des principaux antidotes contre tout ce qui nous menace, parce que cela nous permet de nous sentir membre de cette grande famille de Dieu. Non pas pour nous isoler, pour nous enfermer, pour échapper aux menaces de la vie ou bien aux défis, au contraire, pour sortir inviter les autres, pour sortir annoncer aux autres qu’être jeune au Mexique est la plus grande richesse et que, par conséquent, celle-ci ne peut pas être sacrifiée. Et parce que la richesse peut contenir l’espérance et nous donne la dignité. Une fois encore les trois mots : richesse, espérance et dignité. Mais richesse, celle que Dieu nous a donnée et que nous devons faire croître.
Jésus, celui qui nous donne l’espérance, ne nous inviterait jamais à être des mercenaires, mais il nous appelle disciples, il nous appelle amis. Jésus ne nous enverrait jamais à l’abattoir, mais tout en lui est une invitation à la vie. Une vie en famille, une vie en communauté ; une famille et une communauté en faveur de la société. Et ici, Rosario, je reprends ce que tu as dit ; une chose très belle : ‘‘En famille, on apprend la proximité’’. On apprend la solidarité, on apprend à partager, à discerner, à porter les fardeaux les uns des autres, à se quereller et à se réconcilier, à discuter et à s’embrasser, et à échanger des baisers. La famille est la première école de la nation, et dans la famille réside votre richesse. La famille est comme celui qui prend soin de cette richesse ; en famille, vous allez trouver l’espérance, car Jésus y est ; et en famille, vous aurez la dignité. Jamais, jamais, ne laissez de côté la famille ; la famille est la pierre angulaire de la construction d’une grande nation. Vous êtes une richesse, vous avez l’espérance et vous rêvez – Rosario a parlé aussi de rêve – Rêvez-vous d’avoir une famille ? [Ils répondent : ‘‘Oui’’].
Chers frères, vous êtes la richesse de ce pays, et quand vous doutez de cela, regardez Jésus Christ, qui est l’espérance, lui qui dément tous les tentatives de vous rendre inutiles, ou simples mercenaires des ambitions d’autrui.
Je vous remercie pour cette rencontre et je vous demande de prier pour moi. Merci ! »Mexique3

(Vous pouvez trouver le discours dans son intégralité sur le site du Vatican: www.vatican.va)

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