Trois fois par jour (normalement) les hommes prennent leur repas dans beaucoup de pays. Il en va de même dans la vie des frères de Saint-Jean. Si le petit-déjeuner est pris individuellement (chacun pour soi, en silence), le déjeuner et le dîner sont communautaires (avec quelques exceptions, cf. ci-dessous).

 

Le repas dans un couvent de frères (et de sœurs) est considéré comme une “liturgie”. Cela veut dire que nous ne sommes pas là, à la salle à manger qui s'appelle en langage monastique le “réfectoire”, uniquement pour se nourrir, pour se “refaire” corporellement. Il y a tout un ensemble de gestes et de paroles qui font du repas une sorte de cérémonie religieuse.

 

Déjà en entrant, en silence, les frères se tiennent debout, chacun à sa place, et attendent le supérieur pour qu’il prononce la prière de bénédiction. Puis, après l'amen, les frères s'asseyent et commencent à manger. Mais on ne parle pas. Pendant le repas, un frère fait la lecture. C'est le “lecteur au réfectoire”. Chaque semaine il y a un frère qui poursuit une lecture d'un livre de contenu spirituel. Ainsi non seulement l'estomac, mais l'esprit aussi est nourri. Le soir, au début du dîner, les frères attendent même assis avant de commencer, que le lecteur lise le passage du martyrologe. Ce n'est qu'àprès cette petite introduction que l'on commence à se servir, alors que le lecteur poursuit le livre là où il s'était arrêté la veille.

 

Quelque fois, pendant les repas, il y a une “récréation”. Le prieur ou (à son absence) son remplaçant, sonne la clochette et dit: “Benedicamus Domino” (“Bénissons le Seigneur”). Tous répondent: “Deo gratias” (“Nous rendons grace à Dieu”) et on brise le silence pour s'entretenir fraternellement les uns avec les autres. Cela se fait surtout les dimanches et jours de fête.

 

Les repas sont un lieu de rassemblement de la communauté et un moment de repos pour le corps, dont l'esprit également tire avantage. Chaque semaine d'autres frères qui sont désignés pour être servants de table. Ils prennent, avec le lecteur, leur repas après les autres, au lieu-dit “petit réfectoire”.

 

Ainsi, les repas sont un moment de communion profonde entre les frères, comme en famille, même si on ne parle pas ! Car la communion que nous vivons est au-delà de la parole dite. Heureusement, car le silence, c'est important dans une communauté religieuse. C’est le milieu favorable pour être à l’écoute de Dieu qui me parle de l’intérieur.

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