Jean Naoussi frère de Saint-Jean et footballeur amateur

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Le dimanche après la messe, le frère Jean Naoussi file chausser ses crampons et rejoint ses coéquipiers fargeaulais sur le terrain de football.

11 heures à l’église. 13 heures sur le terrain. Le timing n’est pas toujours simple à respecter pour Jean Naoussi. Si bien qu’il se retrouve souvent sur le banc des remplaçants. Sur sa licence de foot, Jean s’appelle encore Hervé. Son prénom civil. Ses coéquipiers de Saint-Fargeau s’y perdent un peu, mais ils savent que leur attaquant est frère de Saint-Jean dans la vie de tous les jours.

Voilà sept ans qu’il s’est engagé dans la communauté religieuse. À la fin de son noviciat, il a été rebaptisé Jean Naoussi, « en hommage à un jeune africain en voie de béatification ». Pourtant, la religion n’a pas toujours été une évidence pour ce Camerounais de 34 ans. Le football non plus.

Onze enfants, « une équipe au complet »

Dans son enfance, Jean Naoussi se tourne d’abord vers l’athlétisme, qu’il pratique à haut niveau. « J’ai représenté plusieurs fois ma région. Mais en parallèle, je faisais du foot. Car tout le monde fait du foot au Cameroun. » Coïncidence ou intervention divine?? Jean Naoussi vient d’une famille de onze enfants. « Une équipe au complet ». Soudée, aussi, dans la foi catholique. Même s’« ils n’ont pas tout de suite compris mon engagement ».

Il faut dire que Jean Naoussi suivait de brillantes études d’économie lorsqu’il a eu envie de « donner du sens à [sa] vie », de « vivre pour les autres ». Le social, l’humanitaire, la religion. Jean Naoussi hésite. Il s’accorde deux ans de réflexion. C’est finalement Dieu qui l’emportera. Comme « une fille capable de tout quitter pour le garçon qu’elle aime », Jean Naoussi le suivra à chaque instant. Donnera aux autres « parce qu’il reçoit de Dieu ». Une sorte de « retour sur investissement », plaisante le frère de Saint-Jean.

« Je crie de joie comme tout le monde quand on marque »

En stage au prieuré Notre-Dame de la Joie depuis 2013, il ne cesse de partager avec les Fargeaulais qui l’ont si bien accueilli. Le frère n’est pas encore prêtre, mais il suit les jeunes de la paroisse, s’occupe de l’aumônerie, donne des cours de catéchèse et enseigne chaque jeudi au collège Saint-Jacques de Joigny. Sans parler des prières rythmant sa journée qui débute à 6?h?30.

S’il a repris le foot, c’est surtout pour « être intégré dans [son] milieu. Ma mission n’est pas de les convertir, mais simplement d’être là, avec eux, dans leurs joies et dans leurs peines. » Sur le terrain, « moi aussi je crie de joie comme tout le monde quand on marque un but. » À la troisième mi-temps, « des discussions simples et vraies s’engagent. Ils me posent des questions sur le célibat ou parlent du mariage pour tous… » Sans tabou. Ses coéquipiers l’appellent même « notre curé à nous ».

Elsa Mongheal

(source: http://www.lyonne.fr/yonne/actualite/pays/puisaye/2015/01/25/jean-naoussi-frere-de-saint-jean-et-footballeur-amateur_11299747.html)

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