Chemin de croix vivant à Rimont Vendredi Saint 2018

1ère station : Jésus au jardin des oliviers (Lc 22, 39-46)

Dans sa Liturgie, l’Eglise nous rappelle en ce jour où « le Christ, notre Pâque, a été immolé », qu’Elle médite sur la Passion de son Seigneur et époux, et vénère la Croix et, se souvenant qu'elle est née du côté du Christ endormi sur la Croix, elle intercède pour le salut du monde entier.

Voilà ce qu’Elle fait en chacune de ses communautés, avec chaque fidèle qui le veut bien aujourd’hui, spécialement dans l’office principal et essentiel qu’est l’office de la Passion, que nous célèbrerons à 15h. Ecoutant à nouveau le récit de la Passion, intercédant pour le monde dans une grande prière universelle, vénérant la Croix par des gestes d’adoration, nous recevrons aussi la Communion presque comme un Viatique, conscients d’être encore en chemin vers le Ciel de Dieu.

Car nous avons beau célébrer chaque année, chaque dimanche, chaque jour le mystère pascal du Christ, nous avons bien du mal à laisser le Seigneur transformer notre vie. Alors, nous avons encore besoin d’autres moyens pédagogiques pour nous rappeler que nous sommes pèlerins tant que nous sommes sur cette terre. Ainsi en est-il de ce pieux exercice du chemin de Croix, certes bien moins essentiel que la liturgie de la Passion, mais peut-être plus proche de notre sensibilité et plus adapté, paradoxalement, à notre sensibilité. Nous allons marcher pour nous déplacer, physiquement, ou intérieurement, pour nous revêtir des sentiments du Christ, rendre nos corps, notre affectivité au moins pour une fois ajustés au style de vie que le Christ a choisi pour lui. Il y a même place à une juste imagination des scènes passées du chemin de Croix de Jésus pour lui montrer combien nous voulons participer, à notre mesure, comme membre de son corps mystique, à son œuvre de salut.

Contemplant Jésus condamné, en cette première station, nous voulons demander pardon au Père des Cieux pour le rejet de son Fils par les hommes que nous sommes, et, tous les rejets de ses promesses de vie et de bénédictions. Nous voulons demander pardon pour toutes les paroles de malédiction ou de condamnations prononcées, contre Jésus présent en chacun de nos frères et sœurs en humanité. Nous voulons aussi prendre l’engagement d’un changement profond de nos paroles et de nos pensées pour que nous sachions, comme Dieu, dire des paroles de bénédiction, de consolation et de vie.

Fr Marie Christophe

Deuxième station : Jésus trahi par Judas est arrêté. Lc 22, 47-53

Tandis qu’il parlait encore, voici une foule, et à sa tête marchait le nommé Judas, l’un des Douze, qui s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser. Mais Jésus lui dit : «  Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ! » Voyant ce qui allait arriver, ses compagnons lui dirent : «  Seigneur, faut-il frapper du glaive ? » et l’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui enleva l’oreille droite. Mais Jésus prit la parole et dit : «  Restez-en là. » Et, lui touchant l’oreille, il le guérit.

            Puis Jésus dit à ceux qui s’étaient portés contre lui, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : «  Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons ? Alors que chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple, vous n’avez pas porté les mains sur moi. Mais c’est votre heure et le pouvoir des Ténèbres. »

Seigneur, te voici trahi par l’un de tes plus proches. Combien de fois cela nous arrive-t-il à nous, qui nous disons tes amis de te trahir, de nous préférer à toi ; de préférer nos idéaux  par nos désespoirs, par nos infidélités ou lorsque nous nous mettons sous le pouvoir des Ténèbres. Toi qui as gardé la douceur et la patience dans ce moment de grande souffrance, viens aujourd’hui visiter tous ces lieux de nos vies où nous préférons la facilité, où nous perdons patience et où nous usons de la violence pour nous faire entendre, tous ces lieux où nous fermons les yeux sur la vérité, où nous avons été sous le pouvoir des Ténèbres. Il nous est peut-être arrivé de trahir ou d’avoir été trahi. Donne-nous de revisiter tous ces lieux de nos vies afin d’y mettre ta lumière et ta douceur.

Judas t’a imité ; comme toi, marchant à la tête de tes disciples sur le chemin de Jérusalem, il était à la tête de cette troupe de soldats. Judas aurait voulu un Jésus puissant, qui aurait des hommes sous ses ordres. Son attente insatisfaite, il vient alors à Jésus avec une armée, comme pour montrer à Jésus les moyens qu’il aurait dû prendre pour instaurer sa royauté.  Ne permets pas Seigneur que nous exigions de toi ce que nous, nous voulons. Donne-nous un cœur de disciple, qui se mette à ta suite dans une docilité parfaite à ta volonté et surtout sur le chemin de la croix. Que nous trouvions notre joie dans ta volonté.

Sr Marie Sophie

Troisième Station : Jésus est condamné par le Sanhédrin Mt 26, 57-66 / Lc 22, 66-71

57 Ceux qui avaient arrêté Jésus l’amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre, chez qui s’étaient réunis les scribes et les anciens.

58 Quant à Pierre, il le suivait à distance, jusqu’au palais du grand prêtre ; il entra dans la cour et s’assit avec les serviteurs pour voir comment cela finirait.

59 Les grands prêtres et tout le Conseil suprême cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire mettre à mort.

60 Ils n’en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s’étaient présentés. Finalement il s’en présenta deux,

61 qui déclarèrent : « Celui-là a dit : “Je peux détruire le Sanctuaire de Dieu et, en trois jours, le rebâtir.” »

62 Alors le grand prêtre se leva et lui dit : « Tu ne réponds rien ? Que dis-tu des témoignages qu’ils portent contre toi ? »

63 Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit : « Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si c’est toi qui es le Christ, le Fils de Dieu. »

64 Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! En tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. »

65 Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : « Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d’entendre le blasphème !

66 Quel est votre avis ? » Ils répondirent : « Il mérite la mort. »

 

Le procès d’un innocent ! Jésus, le seul homme vraiment juste est jugé par un tribunal inique. Dans la Bible il ya d’autres exemples de juges iniques. Par exemple le procès de Suzanne dans le livre de Daniel. Des exemples aussi dans la vie des saints, par exemple le procès de sainte Jeanne d’arc.

Jésus est accusé faussement. Cela ne nous laisse pas indifférent. De quoi il est accusé ? Ses accusateurs ne trouvent pas des raisons. Tous les faux témoignages ne concordent pas.

Jésus garde le silence face à leurs mensonges. Il se remet à Celui qui juge avec justice. Il a soif de la justice de Dieu et pour cela Il se livre par amour pour nous. Il prend la place des pécheurs que nous sommes. Il se sert de cet interrogatoire pour affirmer sa filiation divine et sa mission messianique. Alors le sanhédrin prononce la sentence de mort.

Les grands prêtres sont aveuglés par la peur de romains. Ils ont peur qu’ils détruisent le Temple et la ville sainte et surtout ils ont peur de perdre les privilèges qui en découlent. Ils se font les instruments du démon. En même temps l’aveuglement du sanhédrin va permettre au plan de Dieu de se réaliser. Sans le savoir Caïphe en condamnant Jésus à mort il prophétise que Jésus allait mourir pour la nation et non pas seulement, mais encore afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. Jésus est accusé injustement et prend notre place. Mais par sa mort sur la Croix il est élevé à la droite du Père. Dieu l’a fait Seigneur et Christ. Il reviendra dans la gloire et il enverra les anges pour rassembler ses élus de toutes les nations. Il est le nouveau Sanctuaire qui n’est pas fait de main d’homme.

Demandons à l’Esprit Saint de nos apprend à adorer le Père par Jésus. Demandons-lui de ne jamais nous rendre indifférents aux injustices et faire ce que nous pouvons pour y remédier.

Fr Juan de la Cruz

Quatrième Station : Le reniement de Pierre

La servante dans la maison du Grand Prêtre a reconnu le visage de Pierre. Il est connu dans son appartenance à Jésus. Et malgré ses insistances au contraire, un autre reconnaît Pierre, et un troisième. Leur regard décèle en son visage le disciple de Jésus, ils l’entendent dans sa conversation, et ils entendent dans sa voix, par son accent, la même origine en Galilée partagée avec Jésus. Pierre dans sa personne est identifié avec Jésus. Et lui qui, quand le Seigneur lui avait dit « Si je ne te lave pas [les pieds], tu n’auras point de part avec moi », s’est exclamé, « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » (Jn 13, 9), il ne veut plus être identifié avec Jésus, ne veut plus risquer de partager sa sort. Pourquoi Pierre le renie-t-il ?

Car c’est bien lui qui pendant trois ans était aux côtés de Jésus, ce Jésus que l’on croyait un prophète puissant par ses actes et ses paroles (Lc 24,19). Mais ce même Jésus qui avait tant impressionné par l’autorité de sa parole et par l’éclat de ses signes s’est laissé prendre par ses ennemis. On le met en procès. Il est menacé de mort. Ce n’est plus la puissance qui se fait sentir, mais la fragilité. Et Pierre qui a été pris d’effroi en voyant les gestes de puissance qui manifestaient la divinité de Jésus (comme après la pêche miraculeuse et la tempête apaisée), est maintenant pris d’effroi, déstabilisé en voyant la fragilité de Jésus comme homme. En fait, Pierre suivait quelqu’un de vulnérable, qui peut mourir. Non, ce n’est pas le Jésus qu’il croyait connaître. Le suivre maintenant pourrait le mener non à une fin glorieuse, mais à l’humiliation et la mort, à l’échec d’une crucifixion. Il craint d’être identifié avec ce Jésus-là.

Pierre a été témoin de la tristesse et de l’angoisse de Jésus pendant son agonie, et il le voit maintenant prisonnier, avec les complots pour mettre Jésus à mort sur le point de se réaliser, et peut-être que cet homme qui a voulu défendre son maître par son épée, le renie maintenant par peur de cette vulnérabilité, de cette apparente faiblesse. Son échange avec Jésus à la dernière Cène est révélateur : Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » (Jn13, 36-37) Pierre n’a pas accepté son incapacité. Il ne reconnaît pas la faiblesse et la fragilité de son amour pour Jésus. Et s’il n’arrive pas à accepter ces faiblesses en lui-même, comment peut-il accepter d’être identifié au Christ au moment où le Christ s’identifie à nous, précisément dans nos limites, dans notre vulnérabilité, dans notre fragilité face à la mort ? Tout au début de sa vie avec Jésus, Pierre lui dira, « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur » (Luc 5,8). Mais c’est précisément à cet endroit-là—dans la misère de son péché—que le Seigneur se fait proche, car celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché (2 Co 5, 21). Pierre, n’ayant pas pu accepter ses propres incapacités et limites, ne peut pas non plus les accepter quand il les voit en Jésus qui les a assumées, et quand il s’agirait de partager son sort dans leurs conséquences. Accepter d’être identifié, configuré au Christ, c’est non seulement accepter une identification avec le Fils de Dieu, le Seigneur, le Roi de Gloire, mais aussi accepter ce à quoi il s’est identifié lui-même : les pécheurs que nous sommes. Le drame du reniement de Pierre, c’est qu’il renie Jésus là où son amour se montre le plus inconditionnel et le plus gratuit, où il se donne en vivant avec nous nos misères et nos limites les plus profondes. Jésus les assume comme les siennes, et il le fait afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu (2 Co 5, 21).

Prions pour la force de reconnaître en nous notre faiblesse et notre péché, pour pouvoir être véritablement reconnu et identifié comme appartenant à Jésus, l’un des siens. En suivant ce chemin de croix avec Lui, ce n’est pas tant nous qui venons rejoindre Jésus dans ses souffrances, mais Lui qui vient vivre nos humiliations avec nous. Car il nous aime dans son amour divin et sans limites jusqu’à accepter et choisir pour lui-même les limites et les chutes de notre humanité blessée, afin de nous rendre, comme Pierre l’écrira plus tard, participants de la nature divine (2 P 1,4).

Sr Immaculata

5ème station : Jésus devant Pilate (Jn 18, 33-40)

33 Alors Pilate entra de nouveau dans le prétoire; il appela Jésus et dit: "Tu es le roi des Juifs?" 34 Jésus répondit: "Dis-tu cela de toi-même ou d'autres te l'ont-ils dit de moi?" 35 Pilate répondit: "Est-ce que je suis Juif, moi? Ta nation et les grands prêtres t'ont livré à moi. Qu'as-tu fait?" 36 Jésus répondit: "Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde,  mes gens auraient combattu  pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n'est pas d'ici." 37 Pilate lui dit: "Donc tu es roi?" Jésus répondit: "Tu le dis: je suis roi. Je ne suis né,  et je ne suis venu dans le  monde,  que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix." 38 Pilate lui dit: "Qu'est-ce que la vérité?" Et, sur ce mot, il sortit de nouveau et alla vers les Juifs. Et il leur dit: "Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. 39 Mais c'est pour vous une coutume que je vous relâche quelqu'un à la Pâque. Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs?" 40 Alors ils vociférèrent de nouveau, disant: "Pas lui, mais Barabbas!" Or Barabbas était un brigand.

Méditation :

Après être passé devant les chefs du peuple, Jésus est amené devant Pilate, le gouverneur romain, le représentant de l’envahisseur. Il est emmené là pour une chose : pouvoir le mettre à mort. Ils ont décidé sa mort et seul Pilate a ce pouvoir. Jésus se retrouve donc devant le pouvoir du moment, la toute-puissance de ce siècle. Dans le récit Johannique, Pilate reconnait de suite la Royauté de Jésus. Et ceci de manière étonnante. Dans la discussion qu’il a avec « les juifs », il ne lui est pas dit qu’il est le roi des juifs. Cependant, c’est bien cela que Pilate semble mettre en avant dans l’interrogatoire de Jésus. Ainsi cette rencontre de Jésus avec le pouvoir romain va tourner autour de sa royauté, de son pouvoir, de qui il est finalement. Nous avons là la rencontre de deux pouvoirs, deux pouvoirs qui sont bien loin d’être égaux. Celui de Dieu et celui que l’homme a, un pouvoir temporel : tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si cela ne t’avais été donné d’en haut. La royauté de Jésus dépasse infiniment celle de tous les grands de cette terre, parce qu’il est Fils de Dieu. Ces paroles font trembler Pilate. Il ne veut pas se mêler de cette affaire, cependant il va céder parce qu’il est attaché à sa puissance, "Si tu le relâches, tu n'es pas ami de César: quiconque se fait roi, s'oppose à César."      Dans cette station, nous sommes invités à nous repositionner, à nous remettre à notre place. Pilate cherche à relâcher Jésus, certes, mais il n’est pas assez fort. Il succombe et accepte la mort d’un innocent, peut-être, de jouer avec la vérité, de la relativiser. Oui, combien nous même, nous laissons-nous atteindre par le relativisme, par une acception de ne pas aller jusqu’au bout de la vérité pour ne pas perdre nos privilèges, nos acquis, notre confort ? Combien de fois ne voulons-nous pas entendre la voix de Jésus ? Cette voix qui est la Vérité ? C’est ce que Jésus nous montre aujourd’hui, notre pouvoir est limité mais nous le croyons tout puissant et nous tenons à ne pas le perdre quitte à jouer avec la vérité. Nous y tenons tellement que notre prochain devient moins important. Alors nous ne faisons plus partie du Royaume de Jésus, alors nous le remettons pour qu’il soit crucifié.

Seigneur Jésus, regarde avec bonté les puissants de ce monde, qu’ils cherchent sans cesse à faire triompher la vérité ; et nous-mêmes, donnes-nous de demeurer dans cette vérité pour savoir écouter ta voix afin que nous ne fassions jamais de compromis.

Fr Charles Emmanuel

Sixième station : la flagellation et le couronnement d’épine (Jn 19, 1-3)

« Alors Pilate prit Jésus, et le fit flageller. Les soldats tressèrent une couronne d'épines qu'ils posèrent sur sa tête, et ils le revêtirent d'un manteau de pourpre; puis, s'approchant de lui, ils disaient: Salut, roi des Juifs! Et ils lui donnaient des soufflets. »

Nous contemplons Jésus qui entre encore davantage dans sa passion : Plus haut dans l’évangile, c’étaient des juifs qui avaient mis la main sur Lui, maintenant, c’est un païen, un romain…. et Jésus se laisse faire. « Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut. » Jésus se laisse souverainement faire.

Nous contemplons la Patience de notre Sauveur, son silence.

Etait-ce nécessaire ? Fallait-il que notre sauveur subisse ces humiliations, ces crachats, ces tortures ?

La Justice répond non à cette question : un seul acte de Jésus suffisait pour nous obtenir le Salut : le moindre sourire de l’enfant Jésus eût suffit, ayant une valeur infinie : donc, au point de vue de la justice il n’était même pas nécessaire qu’il mourut.

Seul l’Amour peut rendre raison de la souffrance et de la mort d’un Dieu : Dieu est mort par amour. Dieu a voulu unir sa nature divine à la nôtre pour pouvoir pleurer, saigner par amour…. La patience, le silence de Jésus pendant qu’on l’outrage est donc une patience amoureuse. Jésus est tout entier présent à sa souffrance et à celle qu’il veut vivre en chacun des membres de son corps mystique : une souffrance portée par l’amour infini de son cœur. Silence donc amoureux, personnel….

Et qui demande une réponse personnelle…

A chacun de nos cœurs, en effet, de recevoir cette question : «  ô mon peuple (nous pouvons mettre notre nom à la place)…. ô mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds moi ! »

La contemplation de Jésus outragé, versant son sang, couronné d’épines, fait surgir en nous cette question : Laissons la résonner…

Entendre, écouter au plus intime de l’âme cette question, venant du cœur blessé mais amoureux de Jésus pour chacun d’entre nous, est, je crois, le début du chemin de la conversion…

Sr Karol de Jesus

7e station : Jésus est chargé de sa croix (Jn 19,16b-17)

Le titre de cette station dit "est chargé de sa Croix" et une autre traduction dit même que Jésus "DUT porter lui-même sa croix". De fait le participe passé "chargé" ou la locution "il dut porter" donnent à la phrase une cohérence, en faisant des bourreaux les seuls acteurs du chemin de Croix : ils prennent Jésus et l'obligent à se charger de la Croix : c'est cohérent...

Pourtant le texte dit bien que Jésus se charge lui-même de la Croix et la phrase comporte une sorte de "contradiction" : "[les soldats] prennent Jésus et se chargeant lui-même de la Croix" - sous-entendu Jésus, qui d'objet passif devient sujet actif.

Même si sans doute en un sens Jésus n'a guère eu le choix ; on voit mal les gardes s'enquérir auprès de Jésus "ok, tu prends la Croix ou tu préfères qu'on te l'apporte ?" On les voit mal proposer un deal : "tu nous donnes ta tunique et on te porte la Croix... donnant-donnant" Non ! Ils ont pas l'air bien arrangeants les soldats : ils ont flagellé Jésus, ils le dépouilleront de ses habits et ils l'ont sans doute obligé à porter la Croix, de fait... mais toujours est-il que S. Jean met en lumière la liberté de Jésus : Jésus par amour se charge lui-même de la Croix. Jésus est à la fois la victime de ses bourreaux, il est surtout la victime offerte par le prêtre, qu’il est lui-même.

Pour contempler le mystère de la Croix, il faut tenir les 2 : la Croix n'est ni un suicide de Jésus ("[Pilate] le livra pour être crucifié" dit l'évangile en Jn 19, 16) ni un accident fortuit ("ma vie, nul ne la prend, mais c'est moi qui la donne" nous dit Jésus en Jn 10, 18). La Croix n’est pas seulement un meurtre. Elle est un meurtre, mais elle est avant tout une offrande. Une offrande salvatrice.

On a choisi des efforts/sacrifices pendant le Carême – d’ailleurs pour info il n’est pas interdit de continuer ! mais cette station nous renvoie à toutes les fois où nous n’avons pas choisi, où à notre tour nous sommes PRIS, non sans doute pour être crucifies, mais malgré tout PRIS malgré nous, d’une manière ou d’une autre : PRIS au dépourvu, PRIS par le temps, PRIS par nos émotions ou PRIS dans les bouchons ; une PRISE de bec fraternelle - ou pas fraternelle justement, une bête PRISE de tête quand notre train a du retard ou qu'on n'a toujours pas reçu de réponse à un mail... Ces petites contrariétés sont humbles : accepter et offrir patiemment les retards répétés de la SNCF ne donnera lieu à aucun hommage national (comme pour le colonel Beltrame qui lui a choisi d’être PRIS en otage) ni à aucune mention dans le martyrologe en tant que S. Patron des usagers malheureux des transports en commun, non ! Mais ces humbles croix quotidiennes nous vaudront de suivre Jésus : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de SA croix [quelle qu’elle soit], et qu’il me suive » Mc 8, 34.

C'est ainsi dans le feu de l'action - ou plutôt le feu de la passion - que le Seigneur nous attend : plutôt que de subir les événements, nous pouvons PAR AMOUR les offrir. Parce que même quand on n’a pas le choix, on a toujours le choix : le choix d’offrir avec amour ce qui nous arrive.

Fr Jean Savio

8ème station: Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa Croix

De l’Evangile selon Saint Luc (Lc 23, 26)

« Comme ils […] emmenaient [Jésus], ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus. »

Personne n’a vécu le chemin de Croix d’aussi près que Simon, qui a porté la Croix avec Toi, Seigneur.
Celui qui a senti le poids de la Croix sur ses épaules.
Personne, à part lui, n’a vu de si proche combien de fois la main de la haine s’est abattue sur Toi,
et personne n’a entendu comme lui tous les injures, les outrages et les moqueries proférés contre Toi.
Même si ce n’est pas de plein gré qu’il accomplit ce service pour Toi,
il entend la demande et il s’approche,
il déploie sa force et il porte avec toi.
Plein d’incompréhension, il se demande : « Qu’est-ce que la Croix de Jésus a à faire avec moi ? »,
mais pourtant, pas à pas, il marche pour Toi et ne pense plus à lui-même.

Mille fois Tu as tourné ma Croix dans tes mains, Jésus,
pour voir, si elle n’est pas trop grande ou trop large pour moi.
Mille fois Tu l’as pesée dans tes mains,
pour vérifier qu’elle ne soit vraiment pas trop lourde pour moi.
Maintenant Tu me la proposes, comme elle était proposée à Simon,
parce que Tu sais que je serai capable de la porter.

Malgré ma faiblesse je veux dire « oui » et je prie…
Je sais que c’est dans cette Croix que tu m’es particulièrement proche
et que tu réalises un lien profond entre nous.
En elle, un secret est caché, qui m’unit à Toi.
Ainsi je veux L’accepter dans l’amour.

Et combien plus ta rédemption aura de signification pour moi
si je ne t’ai pas seulement vu passer portant ma croix,
mais si je prends avec toi le chemin vers le mont du Golgotha ?
Maintenant, Tu me regardes, Jésus, et Tu me demandes en silence :
« Es-tu es prêt à porter la Croix avec Moi ? »

Sr Verena

9e station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem (Lc 23,27-31)

Dans l'Évangile de saint Luc, ces mots sont les seuls que Jésus a après avoir été présentés à Pilate et avant qu'il soit crucifié.  Ils ne sont même pas des mots de "politesse" pour Simon de Cyrène. Non, ils seront plutôt des mots mystérieux. Ces mots s'adressent aux femmes. Ce sont des femmes que nous dirions avoir une bonne intention. L'intention de réconforter ou d'avoir pitié de Jésus.
Nous voyons dans le moment de la Passion il y a des larmes qui coulent, il y aura aussi des larmes au moment de la résurrection. Cependant, Jésus réagit devant les larmes d'une manière très différente : 1) à Pierre lui laisse amèrement pleurer, Jésus lui a donné le sens de ses larmes ; 2) pour Marie-Madeleine lui donnera aussi le sens. N’est pleure plus va dire à mes frères. Il invite à aller de l’avant.
3) Pour ces femmes, il semblerait  qu'il y ait une correction. Ce sont les mots prononcés par Jésus qui nous permettent de comprendre  la tradition juive de ces mots: filles de Jérusalem. C'est  la vocation de La ville sainte : Jérusalem, et aussi la vocation de ceux qui y vivent: c’est la ville forte, la ville fortifiée, bien disposée à recevoir l'entrée du Seigneur. C'est aussi le rôle de la femme: c'est le pouvoir d'attendre et de recevoir la vie, une nouvelle vie. Mais c’est justement quand Jésus va être mis hors de la ville, pour être crucifié qu’à lieu cette rencontre, ces paroles. Toujours la rencontre avec Jésus nous ramène à notre vocation.  Ces mots dans la bouche du Christ donnent la force de la correction qui suivra. Mais pas sans avoir renouvelé son choix sur elles, sur nous.

Cette vocation d’être appelé à croire dans la conduite de Dieu sur son peuple, c’est Israël qu’il l’a reçue, mais les siens l’ont rejeté. Nous, Jésus viens nous rencontrer,  est-ce que tu es là pour pleurer sur moi, ou bien est-ce une occasion de croissance dans la foi, de pleurer sur vous-mêmes et sur ceux qui croiront par vous ? Vos enfants ?

Ce sera comme une « Continuez à croire pour vous et vos enfants ». Il y aura besoin de cette forte correction. On pourra avoir un soutien dans cette correction. Elles peuvent s'appuyer sur les paroles de Jésus pour pleurer sur eux-mêmes et sur leurs enfants afin qu'ils puissent grandir dans la foi. C'est tout le sens de cette correction: filles de Jérusalem, qui avez été choisis comme filles privilégiées, par vocation ; pour nous aussi, c’est par notre vocation qu’il demande de continuer à croire.  Ce « pleurer sur vous-mêmes et sur vos enfants » est une correction dans l'Esperance, car ils seront l’appuie au moment de l’épreuve. Un appel à la conversion.

Fr Felipe de Jesus

10e station : Le crucifiement (Lc 23, 33-38)

« Ils crucifièrent Jésus ».

Les soldats clouent les mains de Jésus sur la Croix,

ils immobilisent ses jambes sur le bois.

Jésus, notre Sauveur, ne peut plus bouger. Ces mains qui ont béni les enfants et touché les lépreux ne peuvent plus esquisser le moindre geste.

Ils donnent le supplice et la mort à l’Innocent. Ils sont acteurs de cette heure, c’est bien eux qui crucifient ; mais ils ne savent pas que c’est l’Heure du Christ, l’Heure du Fils, celle pour laquelle il est venu ! C’est l’Heure «  où Il accomplit le dessein d'amour du Père.  Jésus y laisse entrevoir la profondeur insondable de son amour ». (CEC 2605)

Saint Augustin insiste : « ce n'est pas sans raison que Jésus a choisi la mort sur la Croix; par là, il a voulu nous enseigner quelle est cette Largeur, cette Longueur, cette Hauteur, cette Profondeur » de son Amour (Ep 3, 18).

  • La largeur est dans la partie de la croix qui est en travers ; parce que les mains y sont attachées, elle désigne toutes les bonnes œuvres accomplies par le Christ. « Il étendit la main  et  le guérit ». (Mc 1, 41)
  • la longueur est dans la partie du bois qui descend du haut jusqu'à terre, c'est là que ses pieds sont fixés. Elle symbolise « l’infinie distance que Dieu a abolie en prenant notre chair » (Benoit XVI). Qui pourra alors nous séparer de l’amour de Dieu ? (cf. Rm 8,35)
  • la hauteur est cette partie de la croix qui part du centre et s'étend vers le haut, vers la tête du crucifié. Elle renvoie à l’enseignement de Jésus qui fortifie notre espérance : "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole,   et mon Père l'aimera  et nous viendrons vers lui ». (Jn14,23)
  • enfin la partie du bois de la croix qui, enfoncée dans la terre, ne paraît point et soutient tout le reste, représente la profondeur de la grâce qui nous rejoint même dans les lieux le plus enfouis de notre cœur, qui va chercher la brebis perdue dans les ravins de la mort.

Le Sauveur a voulu être crucifié comme un coupable au milieu des coupables,

pour le salut de tous les hommes.

Il y a, bien sur, les deux malfaiteurs à droite et à gauche.

mais il y aussi, en face d’eux, les décideurs (politique) qui l’insultent

et ceux qui ont la force (armée, économique) qui se moquent.

L’humanité est au pied de la croix.

Mais c’est Jésus, Fils de Dieu qui donne sa Vie, nul ne la lui prend. Nous sommes dans ses mains, ses mains transpercées de clous, ses mains qui souffrent, qui prient, qui pardonnent, qui sauvent par Amour.

« Le Père aime le Fils et a tout remis dans sa main » (Jn 3)

Sr Paul Marie

Onzième Station : Jésus promet Son royaume au bon larron Lc 23, 39-43

Spontanément, on se représente le calvaire avec Jésus en Croix, saint Jean et la Vierge Marie. Mais cette belle « triade » n’était pas seule : il y avait aussi les saintes femmes, ainsi que les soldats et les opposants de Jésus ; le bon larron, ainsi que le mauvais… Cette diversité nous permet de nous remettre parfois à la place de Marie, en voulant avoir sa foi compatissante, ou à la place de Jean, porté par sa bientôt future Mère, ou bien encore à la place des saintes femmes ou du bon larron – mais pas à la place du mauvais, espère-t-on !

C’est très étonnant de voir que la raison qui mène chacun de ces personnages à être là est très différente. La Vierge Marie n’y est pas pour les mêmes raisons que celles du bon larron, qui jusque-là étaient uniquement « larron », mais pas encore « bon ».

Cependant, j’allais presque dire, peu importe à ce stade-là : c’est qu’il faut voir c’est que, tout en reconnaissant sa faute, son espérance dans la miséricorde du Christ est plénière : « Jésus, souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton royaume ». Et si nous avons l’impression d’avoir « raté » ce carême, nous avons encore quelques minutes pour faire une séance intensive de rattrapage et entendre de la part du Christ : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Pour cela, il faut suivre pas à pas ce « larron » enfin devenu « bon » : d’abord se reconnaître pécheur (pas besoin de chercher le péché, il est là), puis s’ouvrir à la miséricorde divine (elle aussi est là) et enfin accepter de mourir en croix à côté de Jésus. C’est le péché qui l’a conduit à la mort, et c’est le péché qui nous conduit à notre mort : la condition c’est donc  de remettre notre condition de pécheur entre les mains du Christ et accepter cette mort au péché pou être aujourd’hui avec le Christ dans le Paradis. Vivre le mystère de la croix à la place du bon-larron c’est alors se permettre la réalisation de la parabole des ouvriers de la dernière heure.

Demandons à la Vierge Marie la grâce d’avoir une espérance plénière dans la miséricorde du Christ et de ne pas passer à côté de ce don qui nous est fait aujourd’hui.

Fr Joao Paolo

Méditation de la douzième station : Jean reçoit Marie comme Mère Jn 19, 25-27

« Près de la Croix de Jésus se tenaient sa mère, et la sœur de sa mère, Marie la femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et, auprès d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis, il dit au disciple : « Voici ta mère ». Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui ». (Jn 19, 25-27)

Jésus, crucifié, dans les souffrances terribles qui sont les siennes, continue à répandre Son amour et Sa douceur. Il s’adresse à Jean, et par Lui, à chacun de nous. Il nous regarde personnellement, intimement, et nous dit : « Voici ta mère ». Aujourd’hui, entendons ces trois mots résonner en nous : « Voici ta mère ». Jésus nous donne, me donne Sa mère. Il me la donne, au pied de la Croix, lorsque celle-ci vit au plus profond de son âme les souffrances de Son Fils. Elle participe au Salut du monde en unissant ses souffrances et sa volonté à celles de Son Fils.

Et la Vierge Marie nous apprend à offrir nos souffrances, nos épreuves et celles du monde en les unissant à celles du Christ sur la Croix. Elle nous montre la force et la puissance d’une présence compatissante auprès des membres souffrants, des malades, des agonisants. Elle nous conduit sur le chemin du martyre de l’amour qui blesse le cœur et nous unit à Jésus Crucifié.

Vierge Marie, toi qui est entrée pleinement dans le mystère de l’offrande de Jésus sur la Croix, tourne nos regards vers Lui, aide-nous à ne pas fuir cette rencontre avec Jésus crucifié mais apprends-nous à demeurer auprès de Lui afin de participer, à notre mesure, au Salut du monde.

Apprends-nous à être des présences consolantes, compatissantes auprès de ceux qui souffrent en voyant en eux le Visage de Ton Fils crucifié.

Vierge Marie, nous te confions l’Eglise, toi qui en es la mère. Qu’elle soit pour chacun de nous, une mère qui nous nourrit, nous éduque et nous guide.

Sr Marie de la Croix

13ème station : Jésus meurt sur la croix

De l’Évangile selon St Jean (19, 28-30)

Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. ». Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.

De l’Évangile selon St Marc (15, 37-39)

Mais Jésus, poussant un grand cri, expira. Le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, déclara : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! »

« Tout est accompli. » Tout est achevé, même Jésus le dits. Donc rentrons à la Maison, car la Mission est accomplie, le condamné est mort. En peut même dire c’est bien pour lui car il ne soufre plus, la souffrance a fini.

Nous voyons bine que cette altitude est erroné. Mais nous pouvons avoir d’une certaine manière la même tentation. Jésus est mort donc passons vite à la résurrection et nous ne sassions pas la grandeur de cette mystère, l’unique Fils du Père, son bien-aimé est mort dans la chair pour nous !

Que la Mort de Jésus n’est pas comme un mort ordinaire, nous le voyons dans l’attitude du centurion qui a surement déjà vue une multitude de crucifié murir. Mais encore plus, dans cette scène tout est à l’envers. Nous avons peut-être déjà fait cette expérience, d’une fruite qui est si belle avoir à l’extérieure et quand nous la coupons en deux elle est pourri à l’intérieure. Ici c’est le contraire. Tout est pourri à l’extérieure, humainement parlant un échec complète et en plus une souffrance presque insupportable. Mais à l’intérieure, c’est la gloire du Fils. St Jean nous montre dans son Évangile que le Christ glorifié est le Christ crucifié. Dieu manifeste sa toute-puissance, son amour absolu, sa miséricorde et sa justice en étant suspendu et mourant sur la croix. Que Dieu peut faire ça.

Revenons à cet accomplissement. Qu’est qu’il ya accomplie ? N’est-il pas la nature déchu du premier homme ? Dieu a dits à Adam si tu mange du fruit de cette arbre tu mourras. Ici c’est Dieu qui a pris la place de l’homme, qui a pris notre place, qui a pris ma place pour nous donner sa place étant que Fils ! La liturgie de la Semaine Sainte met très bien en lumière cet échange mais aussi cette analogie de ce nouvel arbre de vie qui est la croix et du fruit de cet arbre que nous devons manger pour avoir la vie éternelle.

Regardons donc celui que nous avons transpercé et unissons nous à lui ! Car lui a porté tous pour nous ! Si nous désespérons de nos péchés, regardons le Christ crucifié qui est mort pour nos péchés. Si nous avons des doutes regardons le Christ crucifié qui a demande « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » Si nous souffrons, regardons le Christ crucifié qui a soufferte et qui a portes nos souffrance. Si nous somme dans la joie, regardons le Christ crucifié qui est dans son cœur la joie parfaite de faire la volonté de son Père.

Regardons le Christ crucifié et rentrons dans la vie avec lui.

Fr Benedict Charbel

Quatorzième Station : Jésus est mis au tombeau Lc 23, 50-56

Évangile selon St. Luc

Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste, qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé. C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat. Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.

Méditation

En arrière-fond de cette 14ème station, sont réalisés les ultimes gestes humains naturels effectués sur le corps de Christ : la descente du corps de la croix, la mise de ce corps dans un linceul puis sa mise au tombeau.  Ainsi, à son issu, Joseph d’Arimathie, effectue une véritable liturgie dans laquelle il prend soin du corps de celui qui n’est plus, de celui qui était mais aussi de celui qui vient. C’est un véritable offertoire au cours duquel Joseph d’Arimathie donne au corps du Jésus les soins et le lieu dans lequel en toute intimité va se réaliser le mystère de la résurrection. En refermant la pierre du tombeau, Joseph d’Arimathie ne sait pas qu’il clôt le mystère de la présence incarnée de Dieu sur terre pour laisser la place à une action divine et une autre présence.

En ce temps ou les sociétés, spécialement occidentales, chassent toutes notions de transcendance dans la naissance d’une vie humaine ou dans sa mort conduisant celle-ci à son instrumentalisation et sa monétisation, il est vital de puiser dans la naissance de Jésus et sa mort une méditation et une contemplation capable de faire jaillir de nous un vrai témoignage de vie.

Frères et sœurs, terminons ce chemin de Croix en suppliant l’Esprit Saint d’inscrire dans notre âme et notre vie, la vie et la passion de notre Seigneur Jésus. Amen.

Fr Alexandre Marie

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