Chemin de Croix, stations 1 à 7

Première station: Jésus au jardin des oliviers

Luc 22, 39-46

« Jésus sortit et se rendit, comme de coutume, au mAndrea_Mantegna_036ont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. Parvenu en ce lieu, il leur dit: "Priez, pour ne pas entrer en tentation." Puis il s'éloigna d'eux d'environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant: "Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse!" Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. Entré en agonie, il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu'il trouva endormis de tristesse, et il leur dit: "Qu'avez-vous à dormir? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation." » (Luc 22, 39-46).

Après les anciens du peuple accusés Jésus, ils lui présentèrent, « le juge suprême » (Jn 5 ,26) se tenir devant la justice humaine. Hérode et Pilate évitaient à tout prix prononcer un jugement sur Jésus. Dans l'évangile de Luc, Pilate dit que ni lui ni Hérode ne l’ont reconnu coupable des accusations portées devant lui. En fait, ce n’était pas une justice humaine qui a condamné Jésus à mort.
Dernier dimanche et encore demain, lors de la récitation de la Passion, refusant de permettre Pilate de le libérer, deux fois nous avons criée avec toute la foule devant Pilate "Crucifie-le!" Ce n’était pas une personne il y a 2000 ans qui a condamné Jésus à mort. C’est moi à travers mes péchés qui aujourd'hui mettent Jésus à mort. Comme le dit l'Apôtre: «Aucun des chefs de ce siècle a compris; car s’ils avaient, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire ". (1 Cor 2 :8) Mais «nous», comme il est dit dans le Catéchisme de l'Église catholique (CEC 598), «professons à le connaître. Et quand nous le renions par nos actes, nous semblons en quelque sorte à mettre les mains violents sur lui ».
Dans notre cri de crucifier Jésus, nous avons crié que Pilate libère Barabbas à la place de Jésus. Barabbas signifie «Fils du Père » en araméen. Jésus, le vrai fils du père, est innocent mais condamné à mort. Barabbas, coupables de rébellion, ce qui est opposé de la vraie filiation et il va à sa place. Il est donc, le premier à être rachetés par Jésus.
Ne laissons-nous pas par nos pensées, paroles, actions, rebeller contre Dieu. Ne Disons pas : "Crucifie-le!" Mais crions plutôt : « Jésus, fils de Dieu Sauveur, prends pitié de nous pécheurs. » C’est ce cri qui nous permet d'accepter le plus grand acte d'amour que nous ne le saurons jamais. L'obéissance de Jésus à son Père « …jusqu’à la mort » (Phil 2 :8) qui commence dans ce premier étape d’être condamné, nous rachète de la mort certaine que nous méritons, faisant de nous, indignes que nous sommes, des fils adoptifs du Père.

Deuxième station: Jésus, trahi par Judas, est arrêté

22847149Luc 22,47-53

Jésus était en train de réveiller ses disciples endormis, et voici venue l’heure, « l’Heure des ténèbres. » C’est cette nuit-là que Judas trahit par un baiser son Seigneur, son ami. Nous sommes saisis par l’incroyable bassesse des cette trahison.
De plus les disciples prendront finalement la fuite en ayant peur pour eux-mêmes.
Jésus ne veut pas de glaive pour le défendre. Un glaive n’atteint pas la gravité des choses qui se passent ici. L’Ecriture s’accomplit. Jésus se laisse faire, se laisse arrêter.
Comment peut-il être le Messie qui triomphe de toutes les puissances de la terre ?
Devant l’injustice criante, la trahison par un des ses disciples, l’abandon, Jésus est comme un agneau muet qu’on va mener à l’abattoir.
Le Fils de Dieu, la vraie Lumière qui éclaire tout homme, est plongé dans les ténèbres de la solitude et de la détresse.
Aujourd’hui il y a encore tant d’hommes qui le blessent, le délaissent, le trahissent, le rejettent loin de leur vie ! Ne soyons pas de ceux-là.
N’ayons pas peur de marcher avec Lui. Il est la Vie !

Troisième station: Jésus est condamné par le Sanhédrin

Matthieu 26,59...662

Les grands prêtres et tout le sanhédrin cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire mourir ; mais ils n’en trouvaient pas. Le grand prêtre prenant la parole, lui dit : « je t’adjure par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Messie, le Fils de Dieu. »
Jésus lui répondit : « c’est toi qui l’a dit » « Désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du tout puissant et venir sur les nuées du ciel » Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, disant : « Il a blasphémé.» Et tous répondirent : « Il mérite la mort. »

Ils cherchaient un faux témoignage contre Jésus, on voit là la perfidie des grands prêtres, aveuglés par leur fausse conception du Messie ; eux, les gardiens de la promesse, n’ont pas su reconnaitre le oint de Dieu.
Simulacre de procès, les jeux sont déjà fait, ils vont jusqu'à provoquer Jésus pour utiliser ses paroles contre lui : « Si tu es le Fils de Dieu, dis le nous ! »

Soyons attentifs à reconnaitre la présence de Dieu dans nos vies et à ne pas lui imposer nos opinions et nos conceptions étriquées. Nous aussi nous avons parfois du mal à reconnaitre Jésus dans notre frère, à reconnaitre son dessein d’amour dans notre vie quotidienne, dans nos épreuves ; demandons lui la confiance indéfectible.
Aujourd’hui encore, le Christ continue à être rejeté et condamné dans les victimes innocentes ; combien de chrétiens sont rejetés et condamnés ; prions pour eux et pour leurs agresseurs, afin qu’ils découvrent ce Dieu qui s’est fait homme, pour nous élever à la plus haute dignité : celle de fils de Dieu.

Quatrième station: Jésus est renié par Pierre4

« "Sûrement, celui-là aussi était avec lui, et d'ailleurs il est Galiléen!" Mais Pierre dit: "Homme, je ne sais ce que tu dis."
Et à l'instant même, comme il parlait encore, un coq chanta, et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit: "Avant que le coq ait chanté aujourd'hui, tu m'auras renié trois fois."
Et, sortant dehors, il pleura amèrement. »

Nous sommes à nouveau avec Pierre en face de Jésus, ce médecin si délicat, capable de guérir tous les restes du péché dans l'homme. Mais cela passe par l'humiliation.

Pierre n'aime pas l'humiliation. Ni celle de Jésus, ni la sienne. D'ailleurs celle de Jésus est aussi un peu la sienne. « Non, tu ne me laveras pas les pieds », je peux très bien les laver moi-même. « Non, cela ne t’adviendra pas, moi je vais t'en sauver, moi. »

Pierre n'aime pas l'humiliation... Et moi non plus. Mais Jésus il l'aime, Il la choisit, Il s'y plaît. Comme si elle était capable de révéler quelque chose de la simplicité de son amour divin.Il y a un lien secret entre l'amour divin et l'humiliation, car il y a un lien entre l'amour et l'effacement.

Oui, l'expérience de l'humiliation est amère, mais pourtant salutaire. « Il n'y a rien de meilleur pour l'âme que les humiliations » dit Sainte Faustine (#592). Elles sont le seul remède vraiment efficace à l'orgueil sournois qui s'infiltre dans les plis de notre esprit sans qu'on y fasse attention. Elles seules nous rendent vraiment réceptifs à l'amour-source de cet enfant-Dieu mis à mort pour nous.

Nous n'aimons pas l'humiliation - c'est normal - c'est tout simplement humain. Aimons du moins l’Humilié.

Cinquième station: Jésus est jugé par Pilate

Jean 18, 33-40

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Chers amis ! Qu’est ce qui peut nous réveiller ? Qu’est ce qui peut nous rendre plus présent à ce mystère de Jésus devant Pilate. Moi j’aimerai bien poser des questions à jésus. Jésus, si tu es Roi, pourquoi est-ce que tu étais seul devant Pilate ? Pourquoi tu t’es présenté devant lui sans ta dignité et ta noblesse de roi ?

Cela doit nous étonné et peut être même nous dérouter un peu, parce que ce que jésus vit à présent est contradictoire. Le Roi est jugé.

Un jour, Jésus disait  à ses disciples en présence de la foule : quel est le roi qui irait faire la guerre à un autre roi sans commencer par s’assoir pour examiner s’il est capable avec 10 mille hommes de se porter à la rencontre de celui qui marche contre lui avec 20 milles hommes (Lc.14, 31) ? C’est une grande question ! Parce que justement Jésus est en guerre pourtant il est seul ! Jésus est roi, mais il est seul, il n’est pas venu faire la guerre avec ses anges, pourtant en entrant dans le monde, il a bien déclaré la guerre au péché, mais il est venu seul pourquoi, tout simplement parce que l’amour de son père pour les hommes le pressait.

On pourrait se dire, mais où est la prudence dans tout cela ? N’y avait-il pas une autre manière de sauver le monde sans risquer sa vie ? Oui peut-être, mais est-ce que cela nous conviendrait ?

Pour nous, il est toujours bon de s’assoir pour mieux agir, il est bon de se connaître avant de s’engager, il est même bon au plus haut point de laisser tomber certaines choses quand on sent qu’on va se perdre, quand on sent qu’on ne tient plus. C’est humain et c’est naturel. Mais quand c’est l’amour qui nous presse, c’est un peu difficile de traîner, c’est difficile d’attendre, cela ne veut pas dire qu’on est sans intelligence ni prudence quand on aime, mais tout simplement cela veut dire que : Quand l’amour nous presse, il  n’est pas facile de ne pas agir. Et c’est ce que  Jésus nous manifeste aujourd’hui. L’amour est capable de nous faire accepter le jugement des autres même s’il est mal à propos. L’amour peut nous rendre petit, bien que nous soyons rois nous aussi, par notre baptême. L’amour peut nous rendre solitaire même si nous avons des personnes qui peuvent prendre notre défense. L’amour accepte tout. Et là on contemple Jésus face à Pilate avec cette foule qui ne désire rien d’autre que sa mort. Jésus est jugé lui qui a dit ne jugez pas pour ne pas être jugé, parce que c’est selon l’apparence que vous jugez.

Si vous vous demandiez comme moi, pourquoi Jésus est là devant Pilate ? quel est le sens de ce jugement, alors sachez que c’est pour témoigner de l’amour que Dieu nous porte, de la valeur qu’on a à ses yeux, que Jésus est là devant Pilate pour lui dire une seule chose : je suis venu rendre témoignage à la vérité, et la vérité c’est que Dieu vous aime.

Prions le Seigneur pour accueillir davantage cet amour qui n’est pas facile à voir.

Sixième station: Jésus est flagellé et couronné d'épines

Jean 19, 1-3

« Alors Pilate ordonna d’emmener Jésus pour le flageller. Les soldats tressèrent une couronne d’épines, et la lui mirent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau de pourpre. Ils s’avançaient vers lui et disaient : ‘Honneur à toi, roi des Juifs !’ Et ils le giflaient. »

Un juste sentiment de scandale et de révolte jaillit en nous à cette lecture. Comment, en effet, rester indifférents face à la lâcheté de Pilate, face à la méchanceté et la cruauté des soldats, face à tant de violence injustifiée et injustifiable ? Comment un gouverneur, chargé du respect de l’ordre social et de la paix, peut-il ordonner un tel supplice pour un homme « en qui il ne reconnaissait aucun motif de condamnation » (cf. Jn 19, 38) ? Pourquoi n’a-t-il pas eu le courage d’écouter la voix de sa conscience et de la vérité, mais abusé de son pouvoir en empirant les souffrances de Jésus par un compromis ? Comment les soldats peuvent-ils déployer autant d’ingéniosité et d’énergie à tresser une couronne d’épines et même à « offrir » un manteau de pourpre dont la couleur se doublera immédiatement de sang ? Pourquoi les soldats se défoulent-ils avec une haine d’autant plus cruelle qu’elle est ironique et gratuite ? Pourquoi, chacun à son niveau, semble-t-il vouloir exceller dans la méchanceté et utiliser en mal tout le pouvoir qui lui est laissé par sa fonction ?

Le récit que nous donne saint Jean ne comporte cependant aucune trace d’accusation, mais, au contraire, nous invite, par sa sobriété et par les détails qu’il choisit de nous transmettre, à déceler, dans cette situation objectivement dramatique et incompréhensible, la grandeur du don de Jésus. Jean nous relate ici, non seulement « ce qu’il a vu, ce qu’il a entendu », mais également ce qu’il a « contemplé » (cf. 1 Jn 1, 1) de Jésus en sa Passion. A travers le récit de ces outrages où Jésus semble passif et impuissant, Jean nous montre le silence et la dignité de Jésus. A travers les caricatures de la royauté improvisées par les soldats, Jean désire nous montrer la vraie royauté du Christ, celle « qui ne vient pas de ce monde » (cf. Jn 19, 36), celle « que le monde n’a pas reconnu » (cf. Jn 1, 11) mais qui, seule, peut sauver le monde (cf. Jn 3, 16) et le gouverner.

Demandons au Seigneur de nous apprendre à voir les lieux où nous-mêmes, nous falsifions notre conscience ou évitons la recherche de la vérité en nous accommodant de petits compromis. Demandons-lui de nous montrer de quelle manière nous pouvons, à notre niveau personnel, caricaturer sa royauté (par exemple, en attendant de lui qu’il agisse avec force et puissance dans l’immédiat, qu’il résolve tous nos problèmes, en nous impatientant ou en s’indignant de son silence…). Demandons-lui, et par l’intercession de notre père saint Jean, la grâce d’entrer dans un regard divin sur notre péché personnel et sur le péché du monde: qu’il nous enseigne à détester notre péché et à nous en détourner et, en même temps, à y voir des lieux qui attendent sa royauté et qui l’appellent. Demandons à Marie, Elle qui, Immaculée, a vu la Passion de son Fils sans se révolter, de nous enseigner à appeler et accueillir la Miséricorde Divine pour nous-mêmes, pour toute l’Eglise et pour le monde entier.

Septième station: Jésus est chargé de la croix

Et baiulans sibi crucem. « Et portant sa croix… » (Jn 19,17).

L’évangéliste Jean nous dit que c’est Jésus lui-même qui porte sa Croix. Les autres évangiles, de Matthieu, Marc et Luc, racontent comment Jésus est conduit au Golgotha et qu’un Simon de Cyrène est demandé de l’aider. Le quatrième évangile aime de souligner que c’est Jésus l’Acteur principale du drame. Il entre librement, volontairement dans sa passion : « Ma vie, nul ne la prend, mais c’est Moi qui la donne » (Jn 10,18). Jésus est chargé de la Croix, parce qu’il est « l’Agneau qui porte l’iniquité du monde » (Jn 1,29). Ce n’est pas Simone de Cyrène, c’est Lui. Et pourtant c’est aussi Simon de Cyrène, parce que c’est chacun de nous. Car Jésus se charge de sa Croix – qui, au fond, nous revient – afin que nous puissions faire de même : « Celui qui veut venir à ma suite, qu’il renonce à soi-même, qu’il prenne sa Croix et qu’il me suive » (Mt 16,24). « Là où je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jn 12,26).
Demandons à Jésus de porter courageusement et dans la foi nos petites et grandes croix, à la suite de notre Maître. Sachons lui offrir nos souffrances et nos peines. Et demandons sincèrement pardon pour tout ce qui alourdie la Croix du Christ, tout ce que nous l’avons fait porter. Demandons enfin aussi pardon à nos frères pour toutes les croix que nous leur faisons porter. Est-ce que je suis peut-être une croix pour mes frères ? Au contraire, nous devrions plutôt alléger la vie de nos frères, en les portant, en portant les fardeaux les uns des autres, « et ainsi – dit l’Apôtre – vous accomplirez la Loi du Christ » (Gal 6,2).

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